Qu’est-ce que le syndrome de Charles Bonnet ?

Charles Bonnet, dont le buste vous accueille à l’entrée du Musée d’Art et d’Histoire de Genève, était un entomologiste réputé.

Dans son grand âge, il souffrit d’une cataracte des deux yeux. Il ne percevait que des ombres et des traits de lumière. Son fils, médecin, rapporte que parfois son père s’agitait car il vivait, en pensée, des histoires passionnantes tantôt heureuses, plus souvent terrifiantes. Ses récits, riches en images et en actions, s’apparentaient à un film dont il était spectateur.

Ce qui s’apparentait à des hallucinations n’était pas psychiatrique, et même si l’on peut le suspecter à la lecture des compte-rendus des troubles de la mémoire, il ne présentait pas une démence clinique. Ce syndrome de Charles Bonnet, nom donné aux hallucinations dues à un déficit visuel d’origine oculaire, se rencontre en gériatrie lorsque la personne présente une maladie de l’oeil. Dans ce cas, il est bon de l’évoquer plutôt que de considérer ces visions comme des troubles psychiatriques, et demander un examen ophtalmologique.

Certains philosophes y ont vu une vérification de la différence entre la sensation que l’oeil reçoit et l’image que le cerveau perçoit, fruit d’une construction mentale : vaste programme !

Intérêt du dépistage des troubles olfactifs

Certains s’interrogeaient sur l’évolutivité phylogénétique de cette fonction sensorielle : «Le passage de l’ère macrosmatique à celle microsmatique n’opèrerait-elle plus pour la survie de l’espèce humaine ? ».

Une « mise au point récente » nous rappelait « son rôle essentiel dans la vie de tous les jours, mais basique, n’atteignant pratiquement pas le cortex ».

Pourtant d’autres ont récemment répondu par la découverte de surprenantes performances pour cette sensorialité.

Quoiqu’il en soit, chez les sujets âgés, la perte olfactive physiologique avec le temps, ainsi que de nombreux troubles olfactifs, sont décrits dans de très nombreuses publications scientifiques. Certaines pathologies neuro-dégénératives, comme les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer, s’accompagnent de troubles très précoces de l’olfaction, tout en sachant qu’il n’existe pas d’explication actuelle à la relation observée entre « troubles olfactifs et lésions anatomopathologiques » dans le cadre de ces affections. En dehors du contexte pathologique très varié dans cette tranche d’âge, l’altération de cette fonction physiologique lui semble inéluctable, malgré la spécificité des cellules sensorielles olfactives à être les seules directement exposées à l’environnement extérieur et les seules à être régulièrement remplacées au cours de la vie par le phénomène de neurogénèse. Cet organe sensoriel bénéficie ainsi d’une haute performance de restauration qui devrait le protéger du vieillissement.

La perte olfactive semble précéder, dans de nombreux cas, une atteinte devenue cliniquement visible. La constatation de tels troubles pourrait permettre la mise en œuvre de traitements de manière plus précoce. Dans cette optique, un test standardisé simple permettrait le dépistage des capacités olfactives dont les perturbations pourraient être intégrées dans les arguments du diagnostic positif ou différentiel de nombreuses pathologies voire de leur suivi.

Dépister de manière simple les troubles olfactifs permettrait de proposer leur réadaptation.

Cette proposition à moyen terme interpelle le clinicien quant à la sensibilité et la spécificité des tests utilisés pour étudier l’olfaction, et la faisabilité de telles mesures en routine. En effet, seuls quelques centres très spécialisés en France réalisent un examen olfactométrique, comparés aux nombreux Taste and Smell Centers outre-Atlantique.

L’objectif du travail réalisé par Bernard CHARLES, Valérie ALAJOUANINE et Jean TAILLANDIER était de définir la faisabilité d’un dépistage des troubles de l’olfaction, par un test standardisé simple, dans la pratique de routine d’un service de gériatrie. L’objectif secondaire était, dans une optique descriptive, de faire état des troubles observés dans cette population.

Pour cela, 50 patients de plus de 75 ans, hospitalisés dans un service de Gérontologie clinique (AIGU, SSR, SLD) pour diverses pathologies aiguës ou chroniques, ont été observés de manière prospective après tirage au sort aléatoire.

Les résultats de cette étude montrent que le test a été bien accepté, et a pu se passer dans de bonnes conditions de compréhension, d’enregistrement et de réponse. L’odorat global était considéré comme bon dans 6% des cas ; moyen dans 42% ; très moyen pour 52% ; il n’y avait aucun anosmique. De 46 à 72% des substances odorantes ont été reconnues. Tous les patients présentaient une diminution de l’acuité olfactive, avec parfois discordances de reconnaissance au sein d’une même classe olfactive de substances (anosmies sélectives).

Il est montré que l’olfaction joue un rôle fondamental, en particulier dans la capacité à s’alimenter (choix des saveurs et appétence). Cette étude confirme l’existence de troubles de l’olfaction très fréquents chez les personnes âgées porteuses de polypathologies, et l’intérêt qu’il y aurait à effectuer un tel dépistage, au moyen d’un test simple et peu coûteux, pour proposer une rééducation par stimulation olfactive

En conclusion, ces données plaident pour l’instauration d’un dépistage systématique des troubles olfactifs, et de la stimulation olfactive, adaptative ou « réparatrice » si possible.

Les troubles de l’identification et de la discrimination olfactive chez les sujets âgés de plus de 75 ans sont liés à des mécanismes multiples et intriqués (vieillissement, exposition professionnelle et/ou domestique, pathologies, thérapeutiques médicamenteuses…).

Des possibilités réparatrices importantes du système olfactif ont été mises en évidence par la neurobiologie et l’imagerie fonctionnelle. Les capacités intrinsèques du « système olfactif » laissent supposer que sa restauration et son adaptabilité dynamique permettent un niveau de réponse non négligeable. Il est possible d’apporter des compensations physiologiques qui ne demandent qu’à être utilisées par l’individu et éventuellement stabilisées dans certaines pathologies par des thérapeutiques spécifiques. Cela est possible grâce à une activité de «réinitialisation olfactive» aux termes d’initiatives personnelles, familiales ou de l’entourage soignant ; il s’agit de ne pas imposer ou se laisser imposer un environnement « olfactif » trop réducteur et/ou aseptisé. Il est également possible de proposer un réapprentissage olfactif. Le champ des possibilités restantes semble immense et ne demande qu’à être exploité, même en cas de pathologies avérées, dont celles neuro-dégénératives, qui pourraient bénéficier déjà de nos thérapeutiques médicamenteuses retardatrices actuelles sachant que les voies et schémas d’intégration olfactives ne sont pas tous connus.

La prosopagnosie

Ce terme appartient au vocabulaire de la neuropsychologie. Il est formé de deux termes grecs : prosopon qui veut dire le visage, et, gnosos, la connaissance.

En d’autres termes, la prosopagnosie est la capacité à reconnaître les visages. D’autres capacités nous permettent de reconnaître une personne connue, comme le timbre de la voix, la silhouette ou encore la manière de marcher par le rythme et la régularité des pas. Mais la reconnaissance des visages est un élément essentiel de reconnaissance des individus. En fait, des études ont montré que le cerveau reconnaît le contour du visage et des éléments saillants qui donnent une particularité au visage, à la manière d’un dessinateur qui croque des personnages en quelques traits.

Cette capacité est située dans un centre de la région occipitale, en arrière du cerveau, dans une petite région très bien délimitée inférieure à 1 cm3. Puis l’information ainsi captée est transportée dans le cerveau vers différentes zones qui contiennent une sorte de bibliothèque de visages. Les informations sont alors comparées aux visages stockés dans les bibliothèques de visages connus, et l’identité peut être alors affirmée. En fonction du visage concerné, la bibliothèque peut être celle de visages familiers, de visages connus autrefois ou de visages de personnages publics célèbres. La perte de la prosopagnosie est observée au cours de la maladie d’Alzheimer, le plus souvent dans des stades évolués.

Quelle épreuve ! Lorsque l’épouse ou la fille, par exemple, sont appelées un jour « madame » par le mari ou le père. Le ressenti est terrible, le proche devient tout à coup lointain, mis à distance. Un sentiment de perte d’identité vient altérer brutalement la relation, l’intimité, voire le sentiment de confiance. Celui qui se consacre à l’aide de l’autre au prix d’efforts souvent importants, se sent trahi, comme mis à l’écart, devenu inutile, non reconnu, dans tous les sens du terme. L’expérience montre que l’explication de la nature du trouble, et du caractère très focalisé de l’altération de la prosopagnosie comme un des signes de la maladie, au même titre que les autres, soulage l’aidant et lui permet de mettre à sa juste place ce qui relève d’un trouble de reconnaissance du visage et non d’une perte d’identité. D’ailleurs ce signe est souvent fluctuant et quelques minutes plus tard, le « madame » distant et cérémonieux laisse place au prénom ou à son diminutif comme à l’accoutumée.

La cognition

Madame, Monsieur, bonjour,

Permettez-moi de me présenter, je suis la cognition.

Je suis essentiellement de l’information. Pour être plus précise, je suis un ensemble de processus vous permettant de connaître, ce qui nécessite d’acquérir, de manipuler et de créer de l’information. Ma mission principale est d’élaborer pour vous une représentation cohérente de vous-même et du monde où vous vous trouvez afin de vous aider à interagir avec les éléments qui le composent. Je m’appuie pour cela sur un éventail de modules spécialisés fonctionnant fréquemment de manière conjointe. Ceux-ci vous permettent notamment de focaliser votre attention, d’apprendre et de retenir, d’utiliser un langage articulé, de programmer et d’exécuter des gestes, de compiler les différentes informations provenant de vos sens, de raisonner, de prendre des décisions, ou de vous empêcher de faire la première chose qui vous passe par la tête, ce qui est toujours utile quand un chauffard vous grille la priorité.

Somme toute, je ne suis qu’un outil. Ultraperformant, certes, mais un outil tout de même.

De nombreuses personnes pensent que je vis dans le cerveau, ce qui est assez pratique et facile à imaginer. Et si cela vous va, cela me va aussi. D’autres me situent un peu partout dans le corps, ou bien dans les actes que vous accomplissez, voire également dans les objets que vous utilisez. D’autres encore considèrent que je n’ai pas de lieu précis, et que je nais entre les individus ou encore d’autres théories, plus philosophiques. D’ailleurs, si je me suis définie comme un ensemble de processus de gestion de l’information, sachez que je ne vous montre que l’un de mes déguisements, l’une de mes apparences, l’une de ces théories. En vérité, les chercheurs ne m’ont pas encore coincée et grâce à moi les librairies universitaires ont encore de beaux jours devant elles. Sachez que tout ceci n’a pas beaucoup d’importance. La seule chose importante est que je suis, que vous savez – grâce à moi – que je suis là et que vous aussi vous êtes là. Je pense donc vous êtes.

Sans moi, vous seriez perdu(e) dans un environnement étrange et abscons, où le temps n’existe pas et la causalité encore moins, où rien n’a de signification ni de permanence, où ce que vous voyez et ce que vous touchez ne coïncide jamais, où vous ne parvenez ni à agir volontairement, ni à comprendre, ni à raisonner, ni à décider, ni à apprendre, ni même à remarquer quoi que ce soit. D’ailleurs ce « vous » n’existe pas car vous n’avez aucune conscience de vous-même et aucune capacité à vous distinguer de votre environnement. Oui, sans moi votre vie serait si différente qu’il vous est aujourd’hui totalement impossible de l’appréhender et encore moins de la concevoir. C’est pour cela que j’apparais très tôt, et que je passe de longues années à me peaufiner, me développer et aussi, il faut bien le dire, à raconter des âneries et à prendre des vessies pour des lanternes.

Je dois en effet confesser avoir une très haute idée de mes capacités, laquelle éclipse le vaste champ de mes erreurs et approximations quotidiennes dont le potentiel de nuisance est pourtant parfois considérable. A ma décharge, je demande beaucoup d’énergie pour opérer à un niveau optimal. Je suis donc contrainte de faire la plupart du temps des raccourcis afin de pouvoir par ailleurs me concentrer sur ce qui vous semblera vraiment important. Ainsi prenez-vous toute la journée un très grand nombre de décisions et élaborez-vous une infinité de jugements qui vous semblent rationnels mais qui sont rarement issus d’une analyse poussée des données du problème, quand bien même seriez-vous statisticien ou scientifique. De même, ne vous attendez pas à retenir tous les événements de la journée, ce serait tout bonnement invivable pour vous et totalement inapte à faciliter votre adaptation à votre environnement. Je fonctionne donc sur deux modes. Un mode lent, gros consommateur d’énergie, mais fiable et précis. C’est celui que vous utilisez quand vous portez intentionnellement votre attention sur quelque chose. Mon autre mode est rapide, et c’est mon mode de fonctionnement le plus fréquent, au point que vous ne vous rendez même pas compte que vous l’utilisez, tout comme vous respirez sans y penser. L’inconvénient est que s’il est rapide, c’est parce qu’il procède par approximations. Il est donc moins fiable et il vaut mieux ne pas trop l’utiliser pour les tâches complexes. Voyez par exemple quand vous travaillez juste après avoir déjeuné. La digestion prenant toute votre énergie, cela m’oblige à fonctionner en mode économie. La qualité du travail s’en ressent et vous commettez davantage d’erreurs.

Tant que l’on parle d’erreurs m’étant imputables… J’oublie aussi un peu trop souvent que la connaissance que je vous transmets de vous et du monde est une peinture dont l’exactitude n’est qu’une vaste blague. Cela, mea culpa, peut en outre tout aussi bien vous desservir. C’est le cas si je me suis forgé au cours de votre vie une interprétation des événements excessivement lugubre, assortie de tout un tas de croyances négatives sur vous-même. « je suis nul » « il faut absolument» « j’ai toujours été ainsi » « je ne changerai jamais » « je suis incapable de », « personne ne m’aime », « c’est ma faute », etc. Pour ma part, cela ne me dérange pas plus que cela car voyez-vous, je n’éprouve aucune émotion.

Ça, c’est une autre partie de vous qui s’en charge. Nous travaillons souvent ensemble mais ce n’est pas de gaieté de cœur. Je n’ai rien contre les émotions, et il nous arrive de coopérer avec grand succès. Cependant si vous me demandiez mon avis, je vous dirais qu’elles ressemblent davantage à un gros chien sympathique. Un de ceux qui finit toujours par mordre les fauteuils, baver dans vos pantoufles et vous attraper par le bas du pantalon pour vous traîner dehors à l’heure de la promenade. Chacun chez soi, c’est ma devise. Ce n’est malheureusement pas la leur et elles n’hésitent pas à surgir aux moments les plus incongrus pour me faire m’emmêler les pinceaux. C’est ce qui explique que si vous êtes sous le coup d’une émotion quelconque, stress, joie, tristesse, colère, vous aurez quelques difficultés à effectuer une bête addition ou à vous souvenir de ce que vous avez à faire aujourd’hui.

Je suis performante, mais je me laisse aussi facilement perturber. Je suis comme vous, et à votre image. Je fais de mon mieux mais personne n’est parfait.

On marche dans la tête

Souvent les troubles de la mémoire et les fonctions cognitives ont été analysés comme des fonctions abstraites.

C’est un peu comme si le cerveau parlait au cerveau. Ceci est particulièrement vrai lorsque l’on étudie le langage, la lecture, le calcul, la résolution de problèmes abstraits, de problèmes logiques. Mais les fonctions cognitives ne servent pas uniquement aux fonctions intellectuelles. Ceci est particulièrement vrai pour la marche. En fait, la marche est une acquisition tardive vers la fin de la première année de vie. C’est-à-dire le moment, après une année de vie, où se créent des connexions complexes dans le cerveau.

Pendant longtemps l’examen de la marche et la possibilité de tenir debout en équilibre ont été associés à la capacité de l’oreille interne, de la sensibilité des gens, et du fonctionnement d’une partie du cerveau que l’on appelle cervelet.

Il y a une dizaine d’années des chercheurs nordiques observaient que chez certaines personnes, lorsqu’on leur demandait de marcher tout en comptant à rebours, elles s’arrêtaient de marcher pour continuer à compter. Ces mêmes personnes présentaient un risque de chute plus élevé que celles qui continuaient à marcher en comptant.

Plus tard, on a remarqué que cette difficulté à réaliser en même temps deux tâches, était associée à une irrégularité du pas. Les imageries cérébrales ont montré que lors de cette activité, c’est la partie antérieure du cerveau appelée lobe frontal qui était activée. Or ce lobe frontal est le lobe de la stratégie complexe et de la planification – sorte de général en chef qui donne ses ordres aux autres fonctions du cerveau. D’autres études ont par ailleurs montré que les sujets qui chutaient avaient des troubles de la mémoire localisés volontiers au lobe frontal.

Ceci s’explique par le fait que la marche impose d’éviter des obstacles, doit s’adapter à des sols différents, et en ville bien souvent doit éviter les dangers de la circulation. Ainsi la marche n’est pas un acte mécanique, mais un automatisme qui doit en permanence s’adapter aux conditions dans lesquelles le sujet marche.

La vitesse de marche est apparue comme le grand marqueur de la fragilité des personnes âgées, nous imposant de constater, parmi d’autres arguments, que certaines parties du lobe frontal sont des zones stratégiques qui rendent compte des principales difficultés liées à l’âge.

La fragilité de la personne âgée

Le mot fragilité est un terme d’usage courant qui, en gériatrie, prend une définition précise voire scientifique.

Est fragile ce qui risque de se casser. Ainsi le mot fragile définit un risque. Chez la personne âgée les principaux risques sont l’hospitalisation, l’entrée en institution, la chute, la dépendance et le décès. Mais avant qu’un objet ne se casse, il ne l’est pas encore, aurait dit monsieur de la Palice. C’est ainsi qu’une personne âgée fragile a l’apparence de ne pas l’être. Cette précision est importante, car on assiste à une dérive de l’utilisation de ce mot, où fragilité, tend à décrire une personne âgée déjà en difficulté. Au sens strict du terme, la personne âgée fragile apparaît « solide », mais à l’occasion d’une hospitalisation ou d’une intervention chirurgicale, la personne âgée présente une mauvaise tolérance de l’examen, des complications après le traitement ou un séjour prolongé en convalescence. Parfois également la personne après l’hospitalisation ne peut plus rentrer à son domicile et la recherche d’une solution médico-sociale appropriée devient la principale préoccupation.

C’est pourquoi les gériatres ont recherché le moyen de prédire la survenue du risque en repérant une fragilité parmi des personnes âgées normales. La définition scientifique admise sur le plan international est celle de Lynda Fried [1], qui fonde son diagnostic de fragilité sur la marche, la perte d’énergie, l’alimentation ou encore la fatigue. Mais cette définition ne peut être utilisée en pratique clinique. C’est pourquoi, est proposée une série de questions simples qui vise à repérer les difficultés dans les différents aspects de la fragilité, telles que les questions proposées par le Pr Bruno Vellas, pour la consultation chez le médecin généraliste. Une étude du Gérontopôle des Pays de la Loire propose également un outil de dépistage de la fragilité prenant en compte les données récentes de la littérature.

Dépister la fragilité, c’est faciliter la mise en œuvre de préventions et d’un accompagnement personnalisé pour limiter les effets délétères des comorbidités sur le vieillissement.

Le domicile à votre écoute

Au quotidien nous recevons un nombre important d’informations sonores : la parole, la musique, le bruit… et ce à travers nos échanges, la radio, la télévision, le téléphone, le réveil, la sonnette de la porte d’entrée… Nous ne nous rendons pas compte de toutes ces sollicitations vers notre oreille.

Quand une perte auditive s’installe, alors nous prenons conscience peu à peu de ce que nous n’entendons plus. Cela commence par le chant des oiseaux et peu à peu une simple conversation entre amis devient difficile.

Des solutions techniques existent. La première, est la prothèse auditive. Elle ne compense pas toutes les pertes auditives mais son port permet une écoute beaucoup plus confortable, évite des besoins de concentration évidente et permet de limiter la fatigabilité. S’ajoute à cela, d’autres aides techniques que l’on peut installer à notre domicile. L’objectif étant de trouver des alternatives à la perte de réception auditive en sollicitant d’autres sens, celui de la vue et du toucher. Ainsi, les aides techniques vont émettre des flashs ou bien des vibrations.

– La sonnette de la porte d’entrée : le son est transformé en impulsion radio qui est envoyé sur un récepteur flash branché au secteur, ou posé sur un meuble. Le récepteur peut aussi être porté à la ceinture, il peut alors émettre des vibrations.

– L’alarme incendie : le détecteur de fumée est aussi équipé d’un flash. Le détecteur est aussi relié à tous les récepteurs flashs de la maison.

– Le téléphone : le téléphone peut être filaire ou non. Il est équipé d’un flash activé quand il sonne. Le son reçu est amplifié. Le téléphone peut être aussi commandé par système à induction ou par bluetooth.

– La télévision : la personne malentendante peut porter un casque, qui ne coupera pas le son pour les autres personnes du même lieu, qui sera amplifié. Système bluetooth, induction ou HF. Le sous-titrage peut aussi être activé.

– Le réveil : le réveil peut être équipé d’un système flash ou bien d’un vibreur placé sous l’oreiller.

Ces aides facilitent grandement le quotidien, et cette liste n’est pas exhaustive. Les audioprothésistes sont à votre disposition pour vous conseiller au plus près de vos besoins.

Aides techniques et aménagement de votre lieu de vie

Vous ou quelqu’un de votre entourage subit une baisse de vision importante qui ne peut être améliorée malgré le traitement et/ou la chirurgie.

Vous tentez de vous adapter à cette nouvelle situation, et des quiproquos apparaissent du fait de nombreuses incompréhensions de votre entourage. Malgré l’avancée en âge, une baisse visuelle n’est pas une fatalité : des aides peuvent vous être apportées. En développant de nouvelles façons de faire, en recherchant du matériel ou encore en aménageant votre logement, vous pouvez réduire vos situations de handicap, gagner en aisance et en sécurité.

Prenez appui et conseil auprès de professionnels spécialisés de la déficience visuelle : opticien basse vision, orthoptiste, instructeur en locomotion ou en autonomie dans la vie journalière, ergothérapeute…

Le choix d’une aide technique doit être accompagné pour être utilisable et répondre à vos besoins. En effet, il est important de respecter vos habitudes de vie et prendre en compte vos capacités visuelles, gestuelles et cognitives. Des essais sont indispensables, du temps d’appropriation est nécessaire. Vous devez être associé pour définir l’aide technique qui vous convient comme pour préciser les aménagements utiles dans votre logement.

L’accompagnement pluridisciplinaire est ponctuel (bilan, conseil technique) ou prolongé dans le temps (apprentissage de techniques de déplacement, rééducation des stratégies visuelles, apprentissage en informatique adaptée…), il s’effectue en lien avec votre contexte de vie et votre entourage.

SENSIVISE  est un outil de sensibilisation au handicap visuel a été développé pour aider à comprendre les difficultés rencontrées par une personne malvoyante dans la vie quotidienne et dans ses relations sociales. En représentant différentes perturbations visuelles (atteinte de la vision centrale ou périphérique), vous êtes amené-e-s à réfléchir aux solutions simples pour adapter votre environnement : grossir les informations, vous éclairer de façon plus adaptée, organiser votre espace de vie, contraster les éléments utiles, utiliser votre toucher…

Des fiches techniques vous sont accessibles pour vous guider dans ces aménagements et adaptations de votre lieu de vie.

Expérimenter et avoir l’occasion d’échanger avec vos proches sur votre quotidien.

Qu’est-ce que la proprioception ?

Tels nos cinq sens extérieurs (vision, toucher, audition, gustation, olfaction) qui nous donnent de l’information sur l’environnement extérieur, nous avons aussi un sens intérieur qui nous fournit des informations sur notre corps : le système proprioceptif (responsable de la proprioception). La proprioception provient de la stimulation de récepteurs appelés mécano-récepteurs situés dans les muscles, les tendons et les articulations. Ils détectent les changements de position de nos articulations ainsi que la vitesse de nos mouvements.
Les informations recueillies sont acheminées vers le cerveau qui les analyse et adapte la réponse en contractant ou en relâchant certains muscles selon les besoins de la situation.

Les renseignements transmis par les mécano-récepteurs au cerveau sont intégrés aux informations des autres sens, notamment la vision.
Pour arriver à représenter en temps réel la position de notre corps en trois dimensions, la proprioception a recours à un système de référence qui se nomme le schéma corporel et constitue une représentation mentale du corps humain. Le schéma corporel est élaboré durant l’enfance et il est constamment mis à jour en fonction de ce que nous faisons et de ce que nous subissons comme une blessure, un changement de poids, etc. Or, il arrive que le schéma corporel soit biaisé, comme s’il devenait moins fidèle à la réalité et perdait en précision. La proprioception joue donc un rôle prépondérant dans le contrôle de l’équilibre, mais aussi dans l’ajustement de gestes techniques.
Son altération augmente le risque de chutes, pour y remédier, il faut pratiquer une activité physique qui contribue aussi à augmenter la force générale, la souplesse, et un état de bien être…

Mémo:

C’est ce qui nous permet d’éviter une chute sur une plaque de verglas. Dans cette situation, un mouvement trop rapide du pied active les mécanorécepteurs, l’information est alors communiquée au cerveau qui corrige immédiatement un déplacement trop important du centre de gravité, et la chute est évitée.

Une posture trop courbée peut finir par biaiser le schéma corporel. En effet, si au fil du temps notre posture s’affaisse. Le cerveau modifie alors ses références et cette posture pourtant anormale devient alors la norme. La proprioception peut être biaisée à l’inverse, on l’observe chez les personnes amputées qui perçoivent des mouvements ou des douleurs dans un membre qui n’existent plus.

Le massage et ses bienfaits

Le massage n’est pas né d’hier, certaines techniques ont été créées il y a plus de 6 000 ans comme le célèbre massage ayurvédique.

En Europe, ce sont les Grecs qui développèrent le massage, il y a environ 2 000 ans. Le terme « massage » est d’ailleurs apparu dans le vocabulaire français au 19ème siècle. « Massage » vient du grec « massein » et de l’hébreu « mashesh » et de l’arabe « mass » ce qui, au final, signifie « presser légèrement », « palper », « pétrir ».

Au cours de l’histoire, il fut tantôt très apprécié tantôt interdit.

Le massage manuel consiste en un ensemble de techniques avec mobilisation thérapeutique des tissus.

Physiologiquement, on travaille sur la peau, les muscles et la circulation sanguine. Dans tous les cas, les mains du masseur stimulent les 2 mètres carrés de peau et les 5 millions de récepteurs qui sont à la surface ! Ces récepteurs sont reliés à des nerfs qui vont directement vers l’hypothalamus, la glande située dans le cerveau. Grâce au massage, cette dernière déclenche la production d’hormones du plaisir, comme l’ocytocine, et des messages chimiques. Ce sont eux qui apportent les sensations d’apaisement et de stimulation.

En agissant sur le corps, le massage a des effets positifs sur l’esprit, l’attention et la prise de conscience des émotions. Il apporte au patient une énergie nouvelle. Il contribue à réduire le stress, à prévenir la maladie et à améliorer l’état de sa santé.

Étirer les muscles, mobiliser les articulations, malaxer les points douloureux, c’est l’art de guérir le plus ancien. Se faire masser, c’est prendre soin de soi mais aussi mieux résister au stress déclencheur de pathologies.

Le massage agit sur le corps et l’esprit

Ses effets positifs sur le corps :

• Il soulage les douleurs,

• Il agit comme les antalgiques, sans les effets secondaires de ces derniers,

• Il rend les muscles plus souples et plus élastiques,

• Il améliore la mobilité articulaire,

• Il évacue des toxines et des graisses à l’origine des cellulites.

Ses effets positifs sur l’organisme :

• Il apporte détente, calme et bonne humeur,

• Il favorise le sommeil,

• Il aide à lutter contre le stress, l’anxiété et l’état dépressif,

• Il augmente la capacité respiratoire,

• Il améliore la digestion et réduit la constipation,

• Il améliore la circulation sanguine et lymphatique,

• Il améliore l’oxygénation des tissus.