L’entrée en situation de retraite : une richesse possible pour une nouvelle étape de vie choisie !

La fin de la carrière professionnelle obligée laisse espérer 30, 40 ans et plus en situation de retraite et de vieillissement.

Certains crieront à l’exagération, ils auront raison… peut-être !
Car si nous comptons 15 000 centenaires en 2010, ce sera probablement
200 000 en 2060, avec parmi eux les personnes entrées en retraite après 2015.
Ne pas envisager cette possibilité c’est prendre le risque de mal vieillir longtemps.
Connaissant la date pour faire valoir nos droits à la retraite, nous pouvons y réfléchir préalablement ou immédiatement en quittant sa carrière professionnelle.
Près de 20 années de réflexions et d’actions nous ont amené à proposer un temps d’apprentissage afin de préparer sa vie de retraite et de vieillissement.
Un temps semblable à celui de l’apprentissage pour construire notre carrière professionnelle en répondant à quelques questions essentielles : avec qui ? Où ? Comment ? à quoi ?… nous allons consacrer ces trois ou quatre décennies qui peuvent nous être offertes en situation de retraite.
Nous savons les difficultés dues à la maladie et au handicap. Nous tiendrons compte que ni l’une ni l’autre ne sont rédhibitoires lorsque l’on construit les conditions du bien vivre ensemble.
Cette nouvelle étape possible, sans la contrainte d’une hiérarchie difficile, sans risque de licenciement ou de chômage, assurés de notre pension (même modeste), libres de choisir nos activités… est une grande richesse.
Un seul impératif : le projet de vie.
Nos expériences nous montrent que le travail est l’outil universel pour développer l’espoir de bien vivre ensemble.

Le travail: un outil universel pour demeurer professionnel !

L’allongement de l’espérance de vie au-delà de 60 ans, le recul du seuil physiologique de la vieillesse, le niveau d’éducation et les compétences professionnelles, l’augmentation en nombre des retraités, font des personnes retraitées un véritable réservoir de compétences pour la société.

L’enquête Bénévolat et Volontariat 2003 montre qu’ « après deux ou trois ans de bénévolat, l’ancien professionnel retraité a le sentiment que les activités ludiques ne suffisent plus à donner du sens à son existence ».

« S’occuper » durant trois ou quatre décennies ne suffit donc pas, il faut « travailler ».

Le monde du travail met en retrait ceux qui entrent en situation de retraite. Au retraité, par exemple, il est demandé quelle activité il avait «avant», laissant supposer qu’en situation de retraite il «s’occupe» !

« Le travail c’est la santé » n’a jamais été aussi bien vérifié. Nous entendons le travail choisi, appris, compris et exercé avec bonheur comme peut le faire le retraité qui n’est plus soumis à des productions imposées, qui devient patron de son entreprise vie personnelle.

Le travail permet de conserver la dignité, une place et un rôle reconnus dans la société.

Il est une source de développement personnel dans les échanges de savoirs et d’expériences, et pour les capacités intellectuelles, physiques et mentales.

Il est un facteur important dans les relations entre les générations, les plus jeunes demeurant toujours intéressés et prêts à collaborer avec les professionnels, même amateurs.

Enfin le travail exercé avec plaisir nourrit l’envie de vivre bien et longtemps.

Élaborer un projet de vie en situation de retraite nécessite d’apprendre afin de comprendre pour entreprendre.

TÉMOIGNAGE – Pourquoi retraité professionnel ?

Une raison de rupture possible lors du passage de la fin de carrière professionnelle à la situation de retraite, c’est la myopie d’envisager une nouvelle étape de vie qui peut être aussi longue que le temps de la carrière terminée.

Si les nouveaux retraités n’envisagent pas d’échanger les richesses de leur savoir être, savoir-faire et expériences personnelles et professionnelles, si racine et culture personnelles n’existent plus face aux conditionnements des multi médias qui peuvent les dés humaniser, les réduire au rôle de consommateurs passifs, s’ils perdent l’estime en eux et se laissent aller vers le sentiment de ne plus exister, très rapidement ils ne vont plus trouver leur rôle et leur place auprès de leurs proches, dans la société et leurs environnements.

Rapidement, ils vont perdre l’envie de vivre bien et longtemps.

Près de vingt années de réflexions et d’actions, en qualité de retraité professionnel, nous ont enrichi de trois enseignements : les relations aux autres sont essentielles ; le travail choisi, appris, compris et entrepris avec plaisir et bonheur, est le meilleur « outil » pour bien vieillir longtemps ; apprendre tout au long de la vie est une nécessité.

Nous avons entrepris de demeurer professionnel, qui est selon le dictionnaire Larousse: celui qui exerce régulièrement une profession, un métier, par opposition à amateur, d’une manière compétente.

Remarque : un amateur exerce le plus souvent d’une manière compétente !

Le « professionnel retraité », comme celui de l’industrie, du commerce ou des arts, exerce régulièrement, avec compétence mais bénévolement, hors les productions marchandes obligées, une activité qui participe à la transformation de la société politique, économique, sociale et culturelle.

Il est décideur libre de ses engagements, sans contrainte hiérarchique ou risque de licenciement.

Une ambiguïté : la profession demeure un critère social dans une nomenclature officielle (Insee) 6 groupes actifs et 2 inactifs dont le groupe 7 qui est celui des retraités, alors que ceux-ci sont reconnus, le plus souvent, comme des « actifs » voire des « hyper actifs ».

Il existe de plus un sentiment de crainte de cannibalisation des emplois de la part de la personne en recherche de travail.

Notre réponse à cette problématique est que nous sommes bénévoles, notre travail est volontaire et non lucratif, sans rémunération.

Nous avons créé notre statut de professionnel dans une conduite éthique et responsable pour accompagner les plus jeunes à développer quelques projets de vie personnels et professionnels.

Ces jeunes, nombreux à s’engager pour construire leur, mais aussi notre, avenir, à leur façon, celle de leur imagination qu’ils cultiveront comme nous l’avons fait à leur âge… celui que nous avons tendance à oublier, au risque de créer une rupture avec eux.

Si nous n’évoluons pas auprès d’eux, en peu d’années nous n’allons plus nous comprendre.

Il nous faut, avec eux, constamment inventer afin de développer une société où le toujours mieux humain est préféré au toujours plus matériel.

En demeurant des professionnels compétents, connus et reconnus, nous évoluerons ensemble.

Dans le cas contraire, le danger est grand d’une société difficile à vivre.

La retraite avec les robots !

Transition robotique d’aujourd’hui – Vous êtes les très âgés de demain !

« Les travailleurs du futur sont déjà parmi nous » .

La vente des robots dans le monde, entre 2010 et 2014, a progressé de plus de 17 % ; les brevets ont été multipliés par 3 en 10 ans.

En 1980 25 postes de travail généraient 1 million de dollars, aujourd’hui 5 postes suffisent

États-Unis, Corée, Taïwan, développent la filière robotique mais le nombre de robots vendu en France, au Japon en l’Italie, sont en baisse -10 % entre 2012 et 2017.

Dans l’usine de demain il s’agira de changer le logiciel de production pour fabriquer des grille-pain, des pièces automobiles, des prothèses médicales et autres matériels.

Certains androïdes pourraient avoir une réelle emprise sur nos faits, nos gestes, voire nos propres vies.

Les inquiétudes existent, l’Université de Cambridge a créé un centre d’étude spécialisé afin de vérifier que les machines ne puissent pas, un jour, prendre le contrôle des leurs créateurs.

Dans une première étape les robots nous aident, mais à moyen et long terme, ils vont remplacer de nombreux ouvriers et nous ne voyons pas une société idyllique où la productivité permettrait aux entreprises de payer des femmes et des hommes à demeurer chez elles !

Tous les métiers seront affectés puisque la robotisation va bouleverser les conditions de productions et de services dans tous les secteurs d’activité.

De nouveaux emplois, nouvelles professions vont apparaître, mais les experts sont assez partagés sur les bilans possibles.

La transition robotique doit déjà réformer les formations professionnelles afin de conserver les emplois, développer les compétences, les connaissances personnelles afin que nous conservions la maîtrise de nos choix de modes et de conditions de vie.

Vous êtes les très âgés de demain !

Pour le moment la sécurité sociale, la retraite, reposent sur le travail, si celui ci devient plus rare ou d’une autre source, il nous faut réfléchir à leurs financements publics et privés.

Après une « carrière partagée » avec les usages des applications de la robotique dans le travail, quelles seront les valeurs des liens sociaux, de la dignité, du développement personnel et professionnel dans l’exercice d’une profession ?

Dans Essai sur l’œconomie, Pierre Calame écrit : « Le détour par l’histoire longue… nous avons fondé nos sociétés sur la science, la nature, la passion de la possession, l’entreprise… »

Notre histoire est aujourd’hui très courte et construite sur les sciences nouvelles, le toujours plus matériel sans considération des environnements (air, eau, terre), la passion de la possession immatériel par les applications numériques, l’entreprise robotisée…, une transition démographique que nous peinons à maîtriser.

Société différente où les changements créent l’obsolescence des idées et des choses à la vitesse de la lumière.

Quel va être votre état d’esprit pour entreprendre cette longue étape de retraite et de vieillissement durant trente, quarante ans et plus ?

Un travail important est à entreprendre sur un droit universel puisque une part de cette robotisation réduit notre monde à un grand village ?

Pour exemples.

Les voitures sans chauffeurs, est un des premiers types de robotisation prolétarisé.

A Dubaï les robocop, policiers de demain circuleront dans les rues en se déplaçant jusqu’à 30 kmh, ils répondront en plusieurs langues, d’ici à 2030 ils pourraient représenter un quart des effectifs. Des motos contrôleuses de la circulation, repéreront les infractions et verbaliseront les fautifs. En France la gendarmerie travaille sur l’usage des drones pour les surveillances des circulations et le repérages de fautes de conduites.

Les dangers des applications militaires sont d’un toute autre ordre, terriblement angoissant

Plus personne ne peut nier, comme je l’ai connu voici 20 ans, que trente, quarante ans et plus en situation de retraite et de vieillissement est une réalité pour une majorité d’entre-vous. Vous serez 2 millions en 2050 et près de 8 millions en 2100 – Journal of Gérontology et Gériatrics 2016

Si vous ne prenez conscience de ce fait mondial qu’après 90 ans, vous pouvez oublier l’entrée de la robotique dans vos vies, il est déjà trop tard.

« Car, si nous ne vivons pas dans un monde plus dangereux qu’auparavant, le risque est désormais plus qu’une menace : il est devenu la mesure de notre action » La société du risque Ulrich Beck Alto 2001 en France

mais aussi « … tous les cygnes noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle » Le Cygne Noir Nasim Nicholas Taleb Les belles lettres 2007

Êtes vous prêtes et prêts à le prendre le risque de vieillir longtemps sans y penser sérieusement ?