Plus que 14 jours pour vacciner les sujets de 75 à 79 ans contre le zona !

La commission de transparence du 15 octobre 2014 concluait à l’amélioration du service médical rendu (ASMR IV) par le vaccin Zostavax® contre le zona, seul vaccin remboursé.

Certaines localisations comme le zona ophtalmique peuvent avoir des conséquences redoutables. Egalement, les sujets âgés sont plus souvent victimes des terribles douleurs post zostériennes (environ 30 %) qui grèvent de manière majeure la qualité de vie, et entrainent des consultations et hospitalisations répétées en relation avec les douleurs vives et chroniques, et leurs traitements. Moins fréquentes, mais non rares les localisations viscérales et les déficits neurologiques sont observées plus souvent chez les plus âgées, et leur atypies de présentations en font souvent ignorées l’origine.

C’est pourquoi les gériatries, les médecins généralistes, les urgentistes et les médecins de unités de médecine polyvalente, doivent être particulièrement attentifs à la prévention par le vaccin contre le zona, seul moyen d’empêcher la survenue de ces complications – Les traitements antiviraux ne faisant qu’en diminuer les complications, et encore s’ils sont prescrits très précocement ce qui est rarement le cas chez les pus âgés, avec des formes atypiques.

Le vaccin Zostavax® est recommandé sous forme d’une dose chez les personnes âgées de 65 à 79 ans. Mais afin de réduire rapidement l’incidence du zona et les surcoûts qu’il entraîne, il a été décidé d’effectuer pendant un an une vaccination des sujets de 75 à 79 ans. Or, cette période dite de « rattrapage » s’achève le 28 février 2017 !

La grippe, toujours la grippe…encore une épidémie qui fait parler d’elle !!

La grippe a cette année encore été très funeste chez les personnes les plus âgées.

Comme la majorité le sait dorénavant, ce sont les enfants ou les plus jeunes qui hébergent le plus souvent le virus et font des grippes peu graves (ils constituent selon les experts le « réservoir du virus » qui ne se transmet que de personne à personne), et les plus âgés qui paient le plus lourd tribu en présentant des grippes graves, soit directement par elles mêmes, soit indirectement en provoquant des aggravations subites des maladies chroniques ou en favorisant la survenue d’autres maladies aiguës comme les infarctus du myocarde (crise cardiaque), ou les accidents vasculaires cérébraux ( « les attaques »). C’est ainsi que pendant la saison grippale, quand elle est particulièrement contagieuse, il existe une surmortalité qui ne touche presque qu’exclusivement la population la plus âgée. Près de 70% des cas de grippe admis en réanimation concerne les plus de 65 ans, et la surmortalité pratiquement que les plus de 75 ans. Cette année cette surmortalité sera encore plus sévère qu’en 2014-2015 (18 400 décès supplémentaires) dépassant les 20 000 décès sur l’ensemble de la période épidémique sur la France entière et plus de 1 800 maisons de retraites auront subi l’assaut des virus pendant cette période (Bulletin Grippe Sante publique France 28 02 2017).

Les conséquences de la grippe pour les populations les plus fragiles (sujet âgé, patients jeunes polypathologiques ou porteurs de pathologies chroniques sévères) sont pourtant encore mal connues et le fardeau de ces épidémies saisonnières reste donc très mal évalué par les pouvoirs publics.

Comme chaque année le bulletin de Santé-Publique-France a permis de suivre ces données, mais avec des relais médiatiques rendant difficiles la lecture de ce qui se passait réellement (cf. quelques centaines de cas graves mais finalement des milliers de décès en plus pendant l’épidémie). Dans le même sens, on exhorte tout le monde à se faire vacciner contre la grippe mais on présente l’efficacité vaccinale comme faible à très faible laissant dubitatif n’importe quel lecteur. S’il est clair que les vaccins à titre individuel chez les plus âgés sont modérément efficaces (ils ne protègent qu’une personne sur 3 à une personne sur 4), ils sont, à l’opposé, et parce que la maladie est très fréquente, très efficace à titre collectif puisqu’avec une seule prise (injection) de ce « médicament », plusieurs centaines de milliers de personnes sont protégés de cette surmortalité et d’autres pathologies aiguës conséquentes de la grippe.

Nous reviendrons plus tard dans les colonnes de « l’Académie du Bien Vieillir » sur « la grippe et ses vaccins » par un article de fond qui vous permettra de mieux comprendre à la fois la gravité particulière de la grippe et en quoi les vaccins, mêmes si très insuffisants, restent la meilleure arme pour limiter son impact.

>La grippe, questions et réponses

Cet article a été rédigé par nos partenaires portugais, de l’Université de Porto.

La grippe, c’est quoi?

La grippe est une infection hautement contagieuse des voies respiratoires cause par le virus Influenzae.

Les symptômes principaux sont une forte fièvre (> 380C), des frissons, des douleurs musculaires (souvent importantes), des malaises et une fatigue intense, de la toux, une gorge douloureuse, des migraines et une anorexie.

A l’inverse du coup de froid banal, au cours duquel l’apparition des symptômes est graduelle, au cours de la grippe, ils apparaissent subitement.

Savez-vous que les personnes âgées de 65 ans et plus sont considérées comme un groupe de personnes à risques pour la grippe?

Bien que les infections au virus Influenzae soient généralement sans problèmes, les adultes de 65 ans et plus sont à haut risque de complications, d’autant plus s’ils ont d’autres pathologies sous-jacentes comme des maladies respiratoires chroniques (emphysème, asthme ou bronchite chronique), des pathologies cardiovasculaires ou un diabète.

Il est particulièrement important que tous les adultes avec ces maladies chroniques, ou d’autres, se fassent vacciner contre la grippe chaque année.

Savez-vous que la majorité des décès ou des hospitalisations liés à la grippe concerne les personnes de 65 ans et plus?

On estime que 70 à 85 % des décès et 50 à 70 % des hospitalisations liés à la grippe concernent les personnes de 65 ans et plus.

La pneumonie est une complication majeure associée à la grippe et est la cause principale de décès. Elle peut être causée par le virus de la grippe en lui-même ou être la conséquence d’une infection bactérienne secondaire. Elle peut être aussi causée par ces 2 types d’agents. La grippe est aussi une cause importante d’exacerbation de l’asthme et des bronchites chroniques.

Savez-vous que le vaccin contre la grippe est la principale mesure de prévention?

Oui, la vaccination annuelle contre la grippe est la mesure primaire de prévention de cette maladie et vise à protéger les personnes les plus vulnérables en prévenant à la fois la maladie et ses complications.

Donc, si vous avez plus de 65 ans, n’hésitez pas à vous faire vacciner contre la grippe chaque année. La vaccination réduit la sévérité de la maladie et les risques de complications, prévient les hospitalisations et les décès liés à la grippe.

Pourquoi est-il nécessaire de se faire vacciner contre la grippe chaque année?

Les virus Influenzae sont en évolution permanente, raison pour laquelle l’immunité que nous avons développée contre le virus de la grippe de cette année ne nous protègera pas contre celui de l’année à venir : ils seront différents.

C’est pourquoi il est important de se faire vacciner tous les ans.

L’efficacité du vaccin dépendra toujours du degré de similarité entre le virus contenu dans le vaccin et le virus qui circulera.

Et n’oublions pas que le vaccin est gratuit pour les personnes de 65 ans et plus, ainsi que pour les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes ayant des maladies chroniques ou encore les personnes souffrant d’obésité.

Le vaccin contre la grippe est sûr et ne cause pas la grippe.

Parfois, après une vaccination contre la grippe, certaines personnes peuvent avoir des effets secondaires indésirables comme des maux de têtes, des douleurs musculaires, de la fièvre et de la fatigue, mais ils seront toujours bien moins importants que ceux développés dans le cadre d’une infection par le virus de la grippe, ou lors des complications liées à la grippe.

Durant quel mois faut-il se faire vaccine?

Les infections au virus Influenzae interviennent généralement entre novembre et avril, avec un pic d’activité du virus entre décembre et Février.

Le développement d’anticorps après la vaccination prend environ 1 à 2 semaines, il est donc recommandé de se faire vacciner contre la grippe entre septembre et novembre.

Vaccination des seniors: prévenir la maladie et les décès !

Information pour tous ceux qui veulent aller plus loin, mais aussi pour les professionnels de santé !

L’information sauve des vies !

L’efficacité de la vaccination des seniors a été prouvée par des recherches scientifiques médicales rigoureuses et crédibles.

Vous pouvez lire la littérature scientifique sérieuse, que vous soyez y un professionnel de santé ou une personne intéressée ! Parmi l’énorme quantité d’articles scientifiques, nous vous recommandons quelques références, à titre d’exemple.

Une analyse approfondie des preuves scientifiques accumulées a mené à des recommandations concernant la vaccination des seniors par différents organismes internationaux comme le World Health Organization (WHO, l’European Centre of Disease Prevention and Control (ECDC).

Cette approche connue sous le nom de « Santé Publique basée sur des informations probantes » permet de fournir des recommandations sérieuses et très utiles pour les seniors et les professionnels de santé.

Si les vaccins sont réalisés en accord avec les recommandations, les effets secondaires indésirables sont bénins, et les risques sont immensément moindres que ceux (y compris le décès) associés aux maladies que l’on aurait pu développer sans vaccination. Dans tous les cas, votre médecin est là pour vous donner toutes les informations sur les réels effets secondaires des vaccins, mais aussi sur les maladies pouvant être évitées grâce à la vaccination.

La vaccination sauve des vies !

La vaccination des seniors de 65 ans et plus contre le virus Influenzae permet de prévenir la maladie durant la saison de la grippe et minimise le risque de tout type de décès liés à la grippe durant ces périodes d’épidémie.

Cela a été dûment prouvé: vous pouvez en savoir plus en lisant par exemple les études menées en Espagne et en Suède.

Grâce à la vaccination, le tétanos a quasiment disparu des pays développés, mais il existe encore des cas chez les seniors qui n’ont pas été vaccinés de manière adéquate. Le tétanos est une maladie très douloureuse et mortelle. La vaccination est la seule stratégie efficace pour éliminer cette maladie, et cette stratégie est simple et sans risque !

La diphtérie est une maladie grave causant de grandes douleurs et potentiellement la mort.

La vaccination est une stratégie de prévention efficace, qui a permis de quasiment éradiquer la diphtérie dans la plupart des pays européens.

Le déclin de la couverture vaccinale dans certains pays mène à une résurgence de ce terrible fléau.

A nouveau, les seniors font partie des populations les plus affectées. Encore une fois, la solution est simple et efficace : le vaccin.

Une bactérie nommée Streptococcus pneumoniae est la cause de pneumonies sévères chez les seniors. Cette maladie peut être évitée grâce à différents vaccins, spécifiquement conçus pour les adultes. Si la vaccination contre S. pneumonia n’est pas recommandée pour tous les seniors, les personnes présentant certaines conditions cliniques peuvent en bénéficier. Dans ces cas, la vaccination peut sauver des vies : demandez conseil à votre médecin.

Nous devons lutter contre la non-adhérence à la vaccination !

La non-adhérence à la vaccination chez les seniors demeure un sujet d’intérêt pour les autorités de santé.

La vaccination est un des outils les plus efficaces de prévention de certaines maladies et des complications associées, comme par exemple le décès ou les hospitalisations.

La population âgée est une des populations les plus à risques et elle bénéficie fortement des effets des vaccins, mais il est nécessaire de les faire… L’adhérence à la vaccination est essentielle pour le succès des programmes de prévention développés à un niveau international.

Il existe différents facteurs de risques quant au phénomène de non-adhérence de la population des seniors à la vaccination:

– Incertitude quant à l’efficacité des vaccins: bien que certains vaccins, comme celui contre la grippe, ne permettent pas de protéger la personne à 100%, ils sont néanmoins très utiles en prévenant les cas les cas les plus sévères de la maladie mais aussi en réduisant les effets, la mortalité et les coûts associés à la maladie.

– Revenus financiers: le manqué d’argent pour acheter des vaccins peut être un facteur majeur favorisant la non-adhérence. Toutefois, dans la plupart des pays européens, certains vaccins sont gratuits pour les personnes à risques, incluant les seniors.

– Age: les populations les moins âgées sont souvent associées à une faible adhérence vis-à-vis de la vaccination: quand vous êtes jeunes, vous vous sentez en bonne santé. Et pourtant, il est important de suivre les recommandations et de se faire vacciner !

– La perception de sa propre santé: être en bonne santé ne veut pas dire que vous n’avez pas besoin de vous faire vacciner. En le faisant, en cas de maladie, vous éviterez de nombreuses complications pouvant vous amener à une hospitalisation.

– Déficits cognitifs: si vous connaissez quelqu’un ou si vous avez un membre de votre famille présentant des troubles cognitifs (et plus spécialement des troubles de la mémoire), il est important de les aider à aller voir un médecin pour être vacciné.

– Vivre seul: le fait de vivre seul ne doit pas être une entrave à la vaccination. Bien au contraire, se faire vacciner, c’est se permettre de rester en bonne santé.

– Crainte des effets secondaires de la vaccination: les contre-indications associées à l’administration de vaccins sont minimes. Souvent, on retrouve l’idée reçue comme quoi la maladie se développe après la vaccination : ce qui est d’autant plus faux depuis que les vaccins sont produits par des virus inactifs (« morts ») et ne pouvant donc pas entraîner le développement de la maladie concernée !

Se faire vacciner dépend de votre responsabilité ! N’hésitez pas à demander de l’aide à vos amis, vos voisins, votre famille si vous avez la moindre difficulté à accéder aux services de santé ou à votre médecin traitant. Aidez votre famille ou votre entourage qui ont ces mêmes difficultés.

N’ayez pas peur des vaccins, ils sont sûrs et permettent d’améliorer votre qualité de vie.

De plus, choisir un mode de vie sain, faire de l’exercice physique, manger sainement et équilibré, tout ceci permet d’aider votre système immunitaire et d’augmenter votre résistance aux maladies, et donc votre qualité de vie!

Vaccination des personnes âgées : recommandations et conflits d’intérêt

Qui rédige les recommandations publiques concernant la vaccination des seniors contre différentes maladies? Pouvons-nous avoir confiance ?

Pour ceux qui publient ces recommandations, il est essentiel de savoir si les professionnels rédigeant lesdites recommandations au grand public et aux professionnels de santé ont des conflits d’intérêts ou non.

Sont-ils employés par des groupes pharmaceutiques produisant des vaccins ? Ont-ils un quelconque conflit d’intérêt ?

Ces questions sont dûment étudiées.

En effet, les institutions ont de grandes responsabilités et sont très attentives lors du recrutement d’experts au sein de leurs groupes de travail, de leurs comités, etc.

La transparence est un point extrêmement important. A titre de bons exemples, nous pouvons citer le WHO (World Health Organization) / OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et l’ECDC (European Centre of Disease Prevention and Control) ou encore les différentes autorités nationales en Europe.

Certains comités nationaux sur la vaccination sont tout aussi prudents sur ces questions et des auteurs fournissent publiquement des informations relatives aux membres.

Des recommandations sont aussi publiées directement par des Sociétés Savantes. Ces dernières sont également attentives aux questions de transparence afin d’éviter tout conflit d’intérêt.

Il existe des articles traitant de cette problématique dans la littérature scientifique.

Lorsque vous lisez un article sur la vaccination, quel que soit le média, regardez bien les informations sur l’auteur et ses affiliations.

Essayons dès maintenant. Qui a rédigé ce texte?