Pourquoi le médecin prescrit-il un dosage de la créatinine dans le sang ?

La créatine est une substance produite par le foie.

Elle est transportée par le sang dans le muscle, où elle donne l’énergie nécessaire à la contraction musculaire. Elle est alors dégradée en créatinine puis rejetée dans le sang pour être éliminée dans les urines. Son élimination par le rein est particulière car elle passe à travers le rein comme à travers un simple filtre pour se retrouver telle quelle dans les urines. Ainsi la concentration de créatinine dans le sang est directement liée à la fonction du rein : toute augmentation de la créatinine dans le sang traduit ainsi une diminution de la filtration du rein et donc une insuffisance rénale.

La créatinine varie en fonction de la masse de muscles et donc de la corpulence, de l’âge, et du sexe. Il faut ainsi ajuster la valeur du dosage de créatinine en fonction de ces paramètres pour obtenir la valeur de la filtration rénale.

Le médecin demande un dosage de créatinine pour connaître le fonctionnement du rein, et chez certaines personnes, pour surveiller des traitements médicamenteux fortement influencés par la fonction rénale.

Vous avez dit rhizarthrose ?

La rhizarthrose correspond à une arthrose de l’articulation de la base du pouce.

Cette arthrose entraîne une déformation au-dessous du poignet du côté du pouce, sous forme d’une petite boule dure qui correspond à la déformation de l’os de l’articulation de la base du pouce. La gêne esthétique se complique d’une gêne fonctionnelle. Le pouce reste placé vers la paume de la main et ne peut plus s’écarter des autres doigts. Or, de nombreux gestes nécessitent que le pouce puisse former une pince avec les autres doigts, en particulier dès que l’on veut attraper un petit objet. Ainsi, lorsque la rhizarthrose est évoluée, la personne ne peut plus se servir de sa main pour effectuer des travaux minutieux.

Dans un premier temps, le traitement comprend la prescription de médicaments contre la douleur et le port d’une orthèse, sorte de petit gantelet qui permet au pouce de rester écarté de la main. On le porte la nuit pour ne pas être gêné dans la journée. Mais malgré ce traitement, l’arthrose évolue le plus souvent, et il faut avoir recours à la chirurgie qui permet de faire disparaître les douleurs et peut préserver la fonction du pouce si l’intervention est réalisée précocement.

Ne soyons pas passifs devant ces déformations et parlons-en.

Vous avez mal au dos ou aux reins ?

Il est habituel de dire que l’on a mal aux reins quand on se plaint du dos.

C’est une expression d’une originalité bien française que l’on ne retrouve pas dans d’autres langues.

Est-ce que le rein peut donner une douleur du dos ? À vrai dire, c’est possible mais de manière tout à fait exceptionnelle. Lorsque le rein est bloqué, plus exactement lorsque l’urine ne peut s’évacuer et s’accumule dans le rein, il se crée alors une tension sur les parois du rein qui entraîne une douleur violente ressentie dans le dos, c’est le cas par exemple des calculs néphrétiques.

Hors de cette cause bien particulière, lorsque l’on se plaint des reins il s’agit d’une douleur du dos. Lombalgies ou lumbagos se partagent les douleurs ressenties uniquement dans le dos. Celles qui s’étendent dans les jambes à la manière d’un courant électrique vont se partager les termes de cruralgie et de sciatique.

En quelque sorte, le rein prend souvent pour le dos, tout au moins dans les mots !

Un aphte

L’aphte est une ulcération superficielle de 1 à 2 mm de diamètre située sur la langue, le plancher de la bouche, les gencives ou la face interne des joues.

Le fond est jaunâtre, entouré d’un halo rouge. Il est douloureux 5 jours, dure une dizaine de jours et disparaît spontanément. Le plus souvent unique, il peut être multiple et dans certains cas peut avoir une autre localisation comme la muqueuse génitale.

Les aphtes de la bouche sont souvent liés à des problèmes dentaires, à une prothèse dentaire, ou à une blessure comme par exemple une croûte de pain ou une arête de poisson. Dans d’autres cas, il apparaît lorsque l’on mange certains aliments tels que des fruits secs (noix), des ananas, des kiwis, du gruyère, parfois à la suite de prise d’alcool ou de vinaigre. Certaines personnes présentent des aphtes à la suite d’un stress, d’une fatigue prolongée ou en relation avec des cycles menstruels.

Une consultation chez un dentiste est nécessaire lorsque les aphtes récidivent et de toute façon, l’hygiène dentaire doit être rigoureuse avec le brossage des dents trois fois par jour à l’aide d’une brosse douce et souple. Des traitements vitaminiques qui visent à aider les défenses immunitaires peuvent être prescrits. Mais lorsque les aphtes sont nombreux, douloureux et récidivants, d’autres traitements peuvent être prescrits. Dans tous les cas, la récidive d’aphtes, ou leur changement de taille ou de localisation, impose une consultation car certaines maladies, bien que rares mais potentiellement dangereuses, peuvent être à l’origine d’aphtes.

Qu’est-ce que le syndrome de Charles Bonnet ?

Charles Bonnet, dont le buste vous accueille à l’entrée du Musée d’Art et d’Histoire de Genève, était un entomologiste réputé.

Dans son grand âge, il souffrit d’une cataracte des deux yeux. Il ne percevait que des ombres et des traits de lumière. Son fils, médecin, rapporte que parfois son père s’agitait car il vivait, en pensée, des histoires passionnantes tantôt heureuses, plus souvent terrifiantes. Ses récits, riches en images et en actions, s’apparentaient à un film dont il était spectateur.

Ce qui s’apparentait à des hallucinations n’était pas psychiatrique, et même si l’on peut le suspecter à la lecture des compte-rendus des troubles de la mémoire, il ne présentait pas une démence clinique. Ce syndrome de Charles Bonnet, nom donné aux hallucinations dues à un déficit visuel d’origine oculaire, se rencontre en gériatrie lorsque la personne présente une maladie de l’oeil. Dans ce cas, il est bon de l’évoquer plutôt que de considérer ces visions comme des troubles psychiatriques, et demander un examen ophtalmologique.

Certains philosophes y ont vu une vérification de la différence entre la sensation que l’oeil reçoit et l’image que le cerveau perçoit, fruit d’une construction mentale : vaste programme !

Intérêt du dépistage des troubles olfactifs

Certains s’interrogeaient sur l’évolutivité phylogénétique de cette fonction sensorielle : «Le passage de l’ère macrosmatique à celle microsmatique n’opèrerait-elle plus pour la survie de l’espèce humaine ? ».

Une « mise au point récente » nous rappelait « son rôle essentiel dans la vie de tous les jours, mais basique, n’atteignant pratiquement pas le cortex ».

Pourtant d’autres ont récemment répondu par la découverte de surprenantes performances pour cette sensorialité.

Quoiqu’il en soit, chez les sujets âgés, la perte olfactive physiologique avec le temps, ainsi que de nombreux troubles olfactifs, sont décrits dans de très nombreuses publications scientifiques. Certaines pathologies neuro-dégénératives, comme les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer, s’accompagnent de troubles très précoces de l’olfaction, tout en sachant qu’il n’existe pas d’explication actuelle à la relation observée entre « troubles olfactifs et lésions anatomopathologiques » dans le cadre de ces affections. En dehors du contexte pathologique très varié dans cette tranche d’âge, l’altération de cette fonction physiologique lui semble inéluctable, malgré la spécificité des cellules sensorielles olfactives à être les seules directement exposées à l’environnement extérieur et les seules à être régulièrement remplacées au cours de la vie par le phénomène de neurogénèse. Cet organe sensoriel bénéficie ainsi d’une haute performance de restauration qui devrait le protéger du vieillissement.

La perte olfactive semble précéder, dans de nombreux cas, une atteinte devenue cliniquement visible. La constatation de tels troubles pourrait permettre la mise en œuvre de traitements de manière plus précoce. Dans cette optique, un test standardisé simple permettrait le dépistage des capacités olfactives dont les perturbations pourraient être intégrées dans les arguments du diagnostic positif ou différentiel de nombreuses pathologies voire de leur suivi.

Dépister de manière simple les troubles olfactifs permettrait de proposer leur réadaptation.

Cette proposition à moyen terme interpelle le clinicien quant à la sensibilité et la spécificité des tests utilisés pour étudier l’olfaction, et la faisabilité de telles mesures en routine. En effet, seuls quelques centres très spécialisés en France réalisent un examen olfactométrique, comparés aux nombreux Taste and Smell Centers outre-Atlantique.

L’objectif du travail réalisé par Bernard CHARLES, Valérie ALAJOUANINE et Jean TAILLANDIER était de définir la faisabilité d’un dépistage des troubles de l’olfaction, par un test standardisé simple, dans la pratique de routine d’un service de gériatrie. L’objectif secondaire était, dans une optique descriptive, de faire état des troubles observés dans cette population.

Pour cela, 50 patients de plus de 75 ans, hospitalisés dans un service de Gérontologie clinique (AIGU, SSR, SLD) pour diverses pathologies aiguës ou chroniques, ont été observés de manière prospective après tirage au sort aléatoire.

Les résultats de cette étude montrent que le test a été bien accepté, et a pu se passer dans de bonnes conditions de compréhension, d’enregistrement et de réponse. L’odorat global était considéré comme bon dans 6% des cas ; moyen dans 42% ; très moyen pour 52% ; il n’y avait aucun anosmique. De 46 à 72% des substances odorantes ont été reconnues. Tous les patients présentaient une diminution de l’acuité olfactive, avec parfois discordances de reconnaissance au sein d’une même classe olfactive de substances (anosmies sélectives).

Il est montré que l’olfaction joue un rôle fondamental, en particulier dans la capacité à s’alimenter (choix des saveurs et appétence). Cette étude confirme l’existence de troubles de l’olfaction très fréquents chez les personnes âgées porteuses de polypathologies, et l’intérêt qu’il y aurait à effectuer un tel dépistage, au moyen d’un test simple et peu coûteux, pour proposer une rééducation par stimulation olfactive

En conclusion, ces données plaident pour l’instauration d’un dépistage systématique des troubles olfactifs, et de la stimulation olfactive, adaptative ou « réparatrice » si possible.

Les troubles de l’identification et de la discrimination olfactive chez les sujets âgés de plus de 75 ans sont liés à des mécanismes multiples et intriqués (vieillissement, exposition professionnelle et/ou domestique, pathologies, thérapeutiques médicamenteuses…).

Des possibilités réparatrices importantes du système olfactif ont été mises en évidence par la neurobiologie et l’imagerie fonctionnelle. Les capacités intrinsèques du « système olfactif » laissent supposer que sa restauration et son adaptabilité dynamique permettent un niveau de réponse non négligeable. Il est possible d’apporter des compensations physiologiques qui ne demandent qu’à être utilisées par l’individu et éventuellement stabilisées dans certaines pathologies par des thérapeutiques spécifiques. Cela est possible grâce à une activité de «réinitialisation olfactive» aux termes d’initiatives personnelles, familiales ou de l’entourage soignant ; il s’agit de ne pas imposer ou se laisser imposer un environnement « olfactif » trop réducteur et/ou aseptisé. Il est également possible de proposer un réapprentissage olfactif. Le champ des possibilités restantes semble immense et ne demande qu’à être exploité, même en cas de pathologies avérées, dont celles neuro-dégénératives, qui pourraient bénéficier déjà de nos thérapeutiques médicamenteuses retardatrices actuelles sachant que les voies et schémas d’intégration olfactives ne sont pas tous connus.